Samuel Fremaux, la France en route vers la finale des World Chocolate Masters 2026
À seulement quelques semaines de la grande finale des World Chocolate Masters 2026, qui se tiendra les 26 et 27 octobre à Anvers, en Belgique, Samuel Fremaux poursuit sa préparation avec la même détermination qui lui a permis de remporter la sélection nationale française. Plus qu'une compétition, ce rendez-vous mondial représente pour lui l'aboutissement d'un rêve de longue date et l'occasion de porter les couleurs de la France sur la scène internationale.
Une année de préparation guidée par une vision claire
Depuis sa victoire nationale, Samuel est resté fidèle à la ligne directrice qu'il s'était fixée dès le départ. « Depuis deux ans, j'ai gardé la même vision du thème et du style. L'objectif a toujours été de pousser les choses jusqu'au bout », explique-t-il.
Dès la découverte du sujet, en décembre dernier, il s'est lancé dans une année de recherche et d'expérimentation. Son ambition : améliorer chaque aspect de ce qu'il avait présenté lors de la sélection française et explorer de nouvelles pistes créatives. Si le fond de son projet est resté intact, la forme n'a cessé d'évoluer, notamment sur le volet artistique. « L'idée globale est arrivée assez vite. Ensuite, j'ai beaucoup fait évoluer l'expression visuelle. »
Entre dégustation et création artistique
Pour structurer sa préparation, Samuel a choisi de dissocier les phases de travail liées à la dégustation de celles consacrées à l'artistique. Tout commence par la conception d'un ensemble cohérent, une véritable mise en scène où chaque création dialogue avec les autres.
« Au départ, j'ai créé un buffet complet pour définir une ligne de conduite et trouver des liens entre chaque préparation. La pièce artistique doit rappeler ce que l'on retrouve dans la dégustation. »
Cette alternance permanente entre création artistique et mise au point gustative lui permet de rester concentré et d'avancer efficacement sans s'essouffler.
Continuer à apprendre et expérimenter
Chef patissier formateur France et International à l'ENSP (École Nationale Supérieure de Pâtisserie), Samuel met l'apprentissage au cœur de sa démarche. Cette préparation lui a permis de tester de nouvelles techniques et de continuer à enrichir son savoir-faire.
« J'apprends encore tous les jours. J'ai demandé conseil à plusieurs chefs et j'ai pu compter sur l'accompagnement des autres chefs formateurs, ainsi que sur Yoann Laval et Thierry Bamas, qui m'ont beaucoup guidé. »
Cette capacité à se remettre en question est également l'une des grandes leçons qu'il retient depuis sa victoire nationale.
« Je ne voulais pas rester sur ce que je savais déjà faire. J'ai essayé de tester, d'expérimenter et de me mettre en difficulté pour progresser. »
La passion comme moteur
À l'approche de la finale, le stress est présent mais parfaitement maîtrisé.
« Je réagis plutôt bien à la pression. Il reste beaucoup de travail mais j'essaie de ne pas trop y penser. Le plus important est de garder du plaisir dans ce que je fais. »
Pour maintenir cet équilibre, il s'appuie sur des choses simples : ses proches, le sport et quelques moments pour décrocher.
Course à pied, renforcement musculaire ou encore entraînement physique pour manipuler une imposante pièce artistique : tout fait partie de la préparation. Avec humour, il confie même s'exercer en soulevant des packs de lait.
Cette sérénité passe aussi par une discipline de travail rigoureuse. « Ce qui compte le plus, c'est la régularité. J'ai appris à mes dépens qu'il vaut mieux s'entraîner cinq ou six heures efficacement que d'enchaîner les nuits blanches. Le sommeil est essentiel. »
Une aventure humaine avant tout
Derrière la compétition, Samuel insiste sur la dimension humaine de l'aventure. Les échanges, les moments de partage à l'entraînement et le soutien de son entourage jouent un rôle essentiel.
« Il y a des moments où l'on rigole beaucoup. On se soutient, on se remonte le moral. »
À Anvers, sa famille sera présente pour vivre ce moment avec lui : ses parents, son frère, sa compagne, son fils, des amis proches et son un ancien apprenti, déjà présent lors de la sélection nationale.
« Que du bonheur. Ils vont me porter. C'est un moment de vie unique. »
Un rêve d'adolescent devenu réalité
Participer aux World Chocolate Masters est bien plus qu'une ligne sur un palmarès. C'est un objectif qui l'accompagne depuis ses débuts.
« Quand j'ai commencé mon CAP pâtisserie, c'était l'année où Vincent Vallée remportait les World Chocolate Masters. Nous venions du même CFA et je me suis dit : un jour, je le ferai. »
Aujourd'hui, ce rêve est devenu réalité. Et même si la compétition s'annonce relevée, Samuel reste concentré sur ce qu'il maîtrise.
« Mon travail, c'est de faire ce que j'ai à faire, le faire du mieux possible, puis laisser le jury trancher. »
Ses atouts ? Sa polyvalence, son sens de l'organisation, sa gestion de la pression et une attention permanente aux détails. Sans oublier une conviction forte : la dégustation sera un facteur déterminant, la pièce artistique devra créer la surprise.
Faire rêver, surprendre et innover
À travers son projet, Samuel souhaite avant tout transmettre sa vision du chocolat et de la pâtisserie.
« Mon objectif, c'est de faire plaisir aux gens, de les surprendre autant par le goût que par le visuel. Il existe des techniques en France encore peu exploitées dans le monde, j'ai envie de les pousser plus loin et de les intégrer à mon univers. »
À quelques semaines de la finale mondiale, l'enjeu est désormais simple : rester fidèle à cette vision construite au fil des mois.
« Tant que je prends du plaisir et que j'arrive à réaliser ce que j'ai imaginé, je serai satisfait. Mais évidemment… le but, c'est de gagner. »
Et une fois l'aventure terminée ?
Samuel a déjà sa récompense en tête : « La première chose ? Une bonne bière belge et un cornet de frites. »
Une conclusion à l'image du candidat français : déterminé, passionné et profondément humain. Rendez-vous à Anvers les 26 et 27 octobre pour découvrir jusqu'où cette aventure le mènera.